Archive pour Présentation

MALOQUINO Parade 2005

Commentaires (5)

Une expérience intime…

Cluny – 30 Juillet 2004 – Il est près de 19 h, Charles, 24 ans, hospitalisé volontaire au C. H. du Vinatier à Bron, en permission ce jour-là chez sa mère, grimpe 4 à 4 les escaliers de la Tour des Fromages, si bruyamment qu’il inquiète l’unique touriste encore présent.
La seconde d’après il se jette dans le vide.

Acte de démence ou ultime contorsion d’autodéfense face à d’oppressantes voix intérieures, crise d’angoisse ou dernier instant de lucidité, refus d’affronter une existence toute d’angoisses et d’hallucinations ou refus de survivre au prix d’une camisole chimique et de la perte de son être, … Nul ne peut apporter la réponse …

Mag

Sa famille, elle, croyait en un souffle hors du milieu hospitalier …
Ses amis, lyonnais pour la plupart, artistes pour l’essentiel, connaissaient le mal, les hospitalisations … mais ne le considéraient pas comme différent, moins encore comme malade.
Il était des leurs : artiste de rue, danseur capoeiriste, animateur auprès des jeunes, et auprès d’eux il s’épanouissait… guérissait ?

L’Eglise Notre Dame l’accueillit ce jour-là et ses murs se souviendront longtemps des larmes versées, des souvenirs, des sourires tendres et des rires contenus… Les paroles légères et sincères, la musique qu’il aimait …

L’univers de Charles bouleversait l’assemblée en ce moment rare, tendre et pourtant si violent.
Sur le parvis de l’église, une ronde de capoeira fascinait tous les témoins de cet ultime hommage rendu par ses amis.

Charles devenait alors plus qu’un enfant, plus qu’un ami … Le gamin éperdu de terreur qui avait fait un choix …

Et l’orage qui éclatait sur Cluny au retour du crématorium, ne faisait que souligner la violence sourde de cette journée si lourde en émotions…
Alors, les échassiers dansaient, les cordes de guitare vibraient, dans la lumière créée par les manipulateurs de feu. Une lecture sur le silence de la nuit vint apporter un peu de paix et de sérénité à cette journée d’hommage et de deuil.

De cette soirée naquit l’envie, mieux … la nécessité de se réunir à nouveau autour de la mémoire de Charles, et d’une cause :

tenter de comprendre et soutenir les malades.

Commentaires (2)

Une aventure sociétale…

Depuis toujours, dans nos cultures occidentales, les malades mentaux sont victimes de tabous, de peurs, pire : les familles se sentent trop souvent culpabilisées et désarmées. Absence d’informations, sentiment d’inadéquation entre la maladie et les traitements psychiatriques,manque de structures d’accueil et d’insertion.

Le public méconnaît hélas les structures et doute des professionnels spécialisés, mais que peuvent-ils faire avec des budgets aussi restreints ?

La situation est d’autant plus préoccupante qu’une partie grandissante de la population voit sa santé mentale se détériorer avec les conséquences : consommation de psychotropes, dépressions et hospitalisations.

Distribution de fleurs

Les mutations économiques et sociologiques (fermeture des sites, restructurations, délocalisations…) tendent à favoriser cette dégradation : phénomène de perte du collectif, d’identité ou de confiance en soi.

Malgré le désarroi qui règne au sein de l’offre de soins psychiatriques, existent des initiatives citoyennes, associatives et personnelles, ainsi que des alternatives à l’hospitalisation.

Cependant les actions d’information souffrent d’un manque de moyens de diffusion, les structures d’offres de soins ambulatoires sont victimes d’un défaut de visibilité et les différents acteurs médicaux, sociaux et universitaires oeuvrent isolément sans coordination.
Tout cela ne peut que nuire aux demandes de soins psy des malades et à l’accompagnement de leur entourage.

Laisser un commentaire

Un public …

Omar

Cet événement réunit de nombreux artistes : artistes de rue, danseurs, musiciens, comédiens, poètes, peintres, plasticiens, et vise à rassembler le plus large public.

Un appel particulier est lancé en direction des personnes souffrant de troubles psychiques, des ex-patients de la médecine psychiatrique, de leurs parents, de leurs proches, mais aussi aux professionnels du monde médical, social et éducatif.

Commentaires (1)

Un esprit pour l’action

La volonté de l’association consiste à réunir en un lieu, en un moment ludique, les personnes concernées par la santé mentale, créant ainsi un débat ouvert et critique, et à élaborer des approches nouvelles ouvertes sur ce thème avec bien entendu le souci de ne stigmatiser aucun des intervenants actuels, eux-mêmes tributaires des décisions des pouvoirs publics.

Foule

Cette journée de rencontres « Festiv’Arts Maloquiño » n’est pas une action ponctuelle ; elle est le point de départ, l’impulsion nécessaire, le moyen de développer les actions à mener tout au long de l’année, de façon à favoriser le débat, multiplier les angles d’approches, élaborer des stratégies pertinentes, inventer des dispositifs d’aide et d’accompagnement.

A plus long terme, l’association souhaite mettre en place une structure d’accueil des souffrants pendant leur convalescence, leur évitant ainsi d’être livrés à eux-mêmes ou aux soins de leurs familles désemparées et démunies.

Maloquiño souhaite d’autre part, dans l’avenir, agir en faveur des souffrants psychiques placés en milieu carcéral, faute de budgets permettant de les accueillir en centre hospitalier : manque de lits, de personnel spécialisé, etc.

Laisser un commentaire